Un appoint diagnostique ? Sem Hộp Paris 61, 2075- 2076
5 Chagnon A, Yao N’Dri A, Carli P et al (1992) La pro- téine C-réactive dans l’accès palustre. Presse Méd 21, 217-218
6 Sansonnetti PJ, Spinosi L, Dupont B, Lapresle C, Charmot G (1986) Accès palustres à Plasmodium fal- ciparum à parasitémie faible ou nulle au retour de régions d’endémie de résistance aux amino 4 quino- léines. Presse Méd 15, 1264-1266
Rev Méd Interne (1993) 14, 739-740
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Corticosurrénalome malin et kétoconazole
F Archambeaud-Mouveroux 1, P Miossec 1, MP Teissier 1, JC Vieira 1, B Descottes 2
1 Service de médecine interne B - endocrinologie et maladies métaboliques, hôpital du Cluzeau - CHRU, 23, avenue Domi- nique-Larrey, 87042 Limoges ; 2 service de chirurgie B, hôpital universitaire Dupuytren - CHRU, 2, avenue Alexis-Carrel, 87042 Limoges Cedex, France
(Reçu le 6 avril 1993 ; accepté le 14 mai 1993)
Nous avons lu avec intérêt l’article de Pascal et al (Rev Méd Interne [1993] 14, 58-61) concernant l’intérêt du kétoconazole dans le traitement de la maladie de Cushing. Son efficacité, moins bien documentée dans le corticosurrénalome, nous inci- te à rapporter l’observation suivante.
Une patiente, âgée de 34 ans, consulte pour asthénie, prise de poids, aménorrhée, et céphalées, s’aggravant depuis 8 mois. L’examen retrouve une hypertension arté- rielle (200/120 mmHg) avec érythrose du visage, une amyotrophie, ainsi que des signes d’hyperandrogénie (hirsutisme, acné, alopécie). Le bilan biologique retrouve une polyglobulie (GR : 6,13 M/mm3, hématocrite 61,6%, hémoglobine 20,7 g/100 ml) sans autre anomalie de la numération. Le bilan hormonal est en faveur d’un hyper- corticisme : cortisol 8 h : 25 µg/100 ml (N < 15 µg/100 ml), avec perte du cycle nycthéméral ; cortisol libre urinaire (CLU) : 500 µg/24 h (N < 130 µg/100 ml), avec éléva-
tion franche des androgènes : testostérone libre : 23 pg/ml (N < 3 pg/ml), delta4-androstènedione : 810 ng/100 ml (N < 250 ng/100 ml), sulfate de DHA : 9 224 ng/ml (N < 3000 ng/ml). La freination par 8 mg de dexaméthasone est négative. La tomodensitométrie abdominale montre une masse surrénalienne droite de 14 cm x 8,5 cm avec calcifications. Deux saignées de 300 ml à 72 heures d’intervalle sont peu efficaces sur la polyglobulie (GR : 6 M/mm3, hématocrite 60%, hémo- globine 20 g/100 ml). Après 6 jours de kétoconazole (600 mg/j), il existe une amélioration clinique ainsi qu’une baisse des chiffres tensionnels (TA : 130/80 mmHg) avec réduction nette de la polyglobulie et des anomalies hormonales : hémoglobine : 16,5 g/100 ml, hématocrite : 48,6 %, cortisol : 8 h 17 µg/100 ml, CLU 388 ug/24 h, testostérone libre 5,9 pg/ml, delta4-androstènedione 344 ng/100 ml, sulfate de DHA 2829 ng/ml. Après 2 semaines de traitement par kétoconazole dont la tolérance clinico-biologique est excellente, l’intervention chirurgicale réalise l’exérèse d’un corticosurrénalome de 480 g présentant des signes indiscutables de malignité.
Nous confirmons donc l’effet anticortisolique du kétoconazole dans le corticosurrénalome [1-2], ainsi que sa bonne tolérance. Il nous paraît intéres- sant de signaler dans cette observation sa rapidité d’action malgré les faibles doses utilisées, la plu- part des auteurs préconisant 800 à 1 200 mg/j [1- 3]. L’originalité de notre observation est la remar- quable efficacité du kétoconazole sur la polyglobulie. Ce produit nous semble donc un trai- tement intéressant dans la préparation à la chirurgie du corticosurrénalome.
Références
1 Tabarin A, Gilles C, Navarranne A, Parneix M, Roger P (1991) Utilisation du kétoconazole dans un cas de corticosurrénalome malin sécrétant. Presse Méd 20, 266
2 Verhelst JA, Druwe P, Van Erps P, Denis LJ, Malher C (1989) Use of ketoconazole in the treatment of a virili- zing adrenocortical carcinoma. Acta Endocrinol (Copenh) 121, 229-234
3 Sonino N, Boscaro M, Paoleta A, Mantero F, Ziliotto D (1991) Ketoconazole treatment in Cushing’s syn- drom : experience in 34 patients. Clin Endocrinol 35, 347-352
Rev Méd Interne (1993) 14, 740
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